Dernières Nouvelles d'Alsace

(janvier 2011)

De toute façon, nous n’avons pas le choix. Pour survivre, il faut trouver de nouvelles idées! Jean-Marc Dossmann a beau être plein d’allant, il y a des bilans qui font froid dans le dos. La France a perdu 48000 cordonniers en l’espace de 60 ans.

Quand j’ai commencé mon apprentissage, en 1980, il y en avait encore à peu près 10000. Aujourd’hui, nous sommes 2000. Jean-Marc Dossmann ne peut s’empêcher de pester contre un journaliste annonçant au JT de 20h que les cordonniers allaient s’enrichir grâce à la crise.

Une clientèle internationale

Heureusement, le bouillant quadragénaire préfère diriger son énergie vers quelque chose de plus positif. Ayant appris le métier dès l’âge de 13 ans auprès de son père, il comptabilise déjà une longue expérience et un savoir-faire pointu. J’ai vu arriver le synthétique, les peaux de moins bonne qualité, les contreforts qui s’affaissent... Bref, des produits très mauvais ! Comme tout artisan qui se respecte, notre homme tient au travail bien fait. J’essaie de faire avec tout ce qui se présente et je fais des offres en fonction de ce que peuvent dépenser les gens, souligne Jean-Marc dont l’épouse, Katia, l’aide à l’accueil.
Notant toutefois une évolution de la qualité des chaussures en vente à Strasbourg, notre cordonnier reconnaît une pleine évolution du métier depuis quelques années.

Quand je travaille sur du haut de gamme, je fais des devis, poursuit-il tout en finissant un ressemelage cuir, cousu main. Les gens viennent plus faire réparer leurs chaussures, depuis quelque temps. Il est vrai que quand ils ont dépensé quelques centaines d’euros pour une belle paire, ils n’hésitent pas à prolonger leur vie pour soixante euros! Jean-Marc Dossmann fait partie de ceux qui ont décidé de se battre. Il y a quatre ans, il s’est spécialisé dans la chaussure de montagne. Grâce à deux sites internet, il s’est rapidement constitué une clientèle internationale qui, là aussi, n’hésite pas à dépenser de jolies sommes pour ses précieux chaussons d’escalade. J’ai même des client réguliers au Vietnam. Grâce à cette notoriété, notre homme a réussi à obtenir l’agrément Paraboot, alors qu’un autre professionnel l’avait déjà à Strasbourg (il n’y en a normalement qu’un seul par ville).

Dernires Nouvelles d'Alsace - janvier 2011

Toujours offensif, Jean- Marc a prévu, pour 2011, de se lancer dans la réparation des chaussures bio, en partenariat exclusif avec la société Bionat de Châtenois. Cela veut dire pour lui de travailler avec des peausseries sans chrome, de la colle sans solvant et des semelles en latex.
Sandales et ceintures sur mesure devraient faire partie de cette nouvelle année qui s’annonce très dynamique pour la cordonnerie Dossmann. Véronique Cohu

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